Résonance avec l'auteur Marine BERCOT
Hi...
Je ne t’avais pas vue nue depuis trois ans et demi et je t’ai retrouvée comme si tu ne m’avais jamais quittée. Tu vivais comme si de rien était. J’aime savoir que notre lien marche sous la pluie sans prendre l’eau, et que nos visages n’ont pas besoin de se toucher. Qui est la ville, qui est la femme ? Tout se mélange. Je suis la ville, tu es la femme, je suis la femme qui parcoure tes rues, de mon point de vue, nous ne faisons qu’un.

Jeu
J’aime être seule dans une grande ville. Ça donne le sentiment d’être au centre d’une chance. Ça donne le droit de profiter de tout sans penser à partager. On peut être égoïste et joyeux. C’est une expérience particulière car il est plus légitime d’être heureux à plusieurs. Le fantôme de la culpabilité est mis dehors, et rien n’est gâché. Je me sens seule et je me sens bien.


Chinatown
Tu chines, tu te déchaînes ? Je chourre ce que je peux, je ramène tout ce qui brille, je ne vole pas, je m’envole pas à pas, je tire quand tu me tends, je rends, tu vends, j’achète, c’est mon tour de manège, je me dois bien ça. Je vire, je me retourne, je me rends, je veux tout. Je ne mange rien. Je n’ai pas vu. J’ai tout vu. Je suis remplie. Je me replie, je recule et je te calcule. J’additionne les biens que tu m’as donnés. Il y a des maux qui comptent pour du beurre. Un chauffeur en colère et j’ai eu peur, il a menti le taxi et j’ai eu peur. Je compte à rebours le bien que tu m’as fait, la coupe est pleine, je te rendrai peut-être un dixième, on verra. Je verrai.
St Nicholas
Ça chante le dimanche à Harlem. Dans une église de la 100e rue, ça joue et ça chante comme sur les vinyls de Motown qu’on garde chez soi quasiment sous scellé. Je ne vois pas, mais ça traverse les murs. J’entends des voix qui touchent le ciel. Je pense à toi.

Harlem
Ça rape dans la rue à coup d’oreillettes, on en croise des voix graves qui groovent mieux que le beat qui fuse par les fenêtres. Ils marchent comme ils dansent. Ils marchent dans les mots qu’ils découpent, dans les mots auxquels ils pensent. Nuit et jour.
Tous ceux que je croise vont à l’épicerie du coin. Leur monde est dense. On entend les limites, et la consistance. Ce son vient de loin, c’est lourd et ça compte. Je passais par là. J’ai de la chance, je ne me sens pas de taille. Peu importe les faits. Ce qui compte, c’est la consistance. Peu importe l’effet, ce qui compte c’est la cause. A cause de toi, je me sens petite et je me sens vivante.
Sirène
Tu n’as pas froid aux yeux, tu ne crains pas le bruit, pas la vie ; tu en disposes. Tu ne te caches pas, tu te dis que les autres prendront le pli. Tu ne simules rien, tu te prends pour la grande et la belle, tu es grande et tu es belle et ton regard le sait. J’aime quand tu me regardes. J’aime qu’on inverse les rôles. As-tu vu mes longues artères, as-tu vu mes lumières, as-tu vu mon génie et mes fantaisies ? Serais-tu capable de dire la couleur de mes yeux ? Tes yeux sont rouge orange. Tes yeux sont citrouille. Halloween défile dans tes rues. As-tu vu mes longues jambes et mon cou de building ? As-tu vu mes oreilles en Steinway et mon nez de trompette bouchée ? Sais-tu que tes murs font danser les anges qui refaisaient le monde à l’intérieur de moi ? Imagines-tu que grâce à toi je me sens belle et grande, avec des cheveux longs et une queue de poisson ? J’entends une sirène.

1er novembre
Je t’aime d’être aussi virulente. La liberté qu’on prend est moins belle que celle que l’on donne. Je me remplis de tes irrégularités, de tes contradictions et de tes humeurs. Je me réjouis de tes avances. Je m’enivre de ton talent et de ta permission. C’est juste un bout de chemin ensemble. Sans parti-pris, sans engagement. Je profite. Je prends. Je rendrai à quelqu’un d’autre. Je t’emmènerai ailleurs. Ça tournera. Basta.


Qui es-tu ?
Libre, rouge, entier, concentré, silencieux, insolent.
Généreux, impatient, secret, courageux, pudique, anguleux.
Conscient, égoïste, bavard, optimiste, orgueilleux, perfectionniste, franc.
Reconnaissant, rond, rugueux.
Puissant, dévoué, endurant, rancunier, performant, assidu, obstiné, têtu.
Qui es-tu ?


C.C.
Je peux t’attendre deux heures sur un trottoir. Deux heures à ne rien faire. Juste à imaginer que ça vaut le coup. Ça me paraît excessif, et, à la fois, le temps passerait autrement. C’est long quand on imagine qu’on aurait mieux à faire. (Je n’ai rien de mieux à faire aujourd’hui sur cette terre que de t’attendre. Je ne m’adresse pas directement à toi, sinon je dirais vous. Je m’adresse à ta musique.) J’anticipe sur mon plaisir à t’entendre. Je mise sur la force qui me restera.
Chick Corea fête ses 70 ans et ça dure trois semaines. Lenny White et Stanley Clarke se mettent en quatre pour lui rendre hommage de son vivant. Il n’y a pas de plus beau métier que jazzman. Ce sont pire que des magiciens. Il faut en avoir du courage et des couilles. Ça n’est pas donné à tout le monde. (Les femmes ont du courage mais elles n’ont pas de couilles.)

Que la fête commence
Veux-tu poser pour moi ? Comme ça. Contre rien. Comme si la beauté appartenait à tout le monde. Veux-tu bien t’allonger, sur le côté, de dos, les bras croisés sur ta poitrine ? Que je plante ma plume au creux de ta hanche et que je plonge. Que je plaque mon visage contre ta vitre et que je nage. Que je me balade le long de ta colonne, et que je chante sur Broadway.

Pensées comme ça
Il faut s’occuper de soi pour ne pas parler que de soi. Les gens qui ne prennent aucun temps pour eux en prennent aux autres.
Au bout d’un moment, c’est comme si on avait toujours été là. C’est vrai quand on aime (un homme, une femme, une ville, une maison, un emploi).
Le pont en fer rose de Williamsburg, les meilleurs bagels de Brooklyn, le tag qui m’a fait revenir : "Life is beautiful, and so you are".

Si t’y
New York si t’y penses
New York si t’y vas
New York si t’y passes
New York si t’y ris
New York si t’y restes
New York City
L’improviste
Paris et ton cirque toi aussi. Paris et ton jazz toi aussi. Tes gens. Ta télé. J’ai remis les pieds dans ton cercle. J’ai tourné ma clé dans la serrure, j’ai trié le courrier des huit jours et tout a recommencé.
Quand on part, après il faut revenir et tout retrouver. On réintègre la boucle, on redevient le maillon, on est à la chaîne. On est dans la queue. Partir c’est couper le fil. On dit "filer". Partir, c’est inonder le temps avec de l’inconnu. C’est ranger les jeux de logique, les passe-temps, les trompe-l’œil, c’est s’immerger, se déshabiller pour sentir l’eau, c’est plier en quatre sa musique habituelle et voler.
J’aurais pu choisir de ne rien changer. Je reviens de loin. Ça ne sert à rien sauf à changer des images, à nourrir ce qui a faim à l’intérieur. J’ai un gros ventre, maintenant.
18/01/2012 - 19:39:47

Amorce est un lieu d'exposition, dédié à l'image photographique, qui s'est lancé sur le web en juillet 2009.
Amorce est l'expression simple des mots « galerie photo », et veut être un moyen accessible et gratuit de visiter des expositions photographiques.
Amorce est un terrain de promenades, ouvert au foisonnement photographique actuel, dans sa diversité, ses influences, sans limitations à une technique, une esthétique, une notoriété particulières.
Amorce a pour ambition d'inviter des auteurs à exposer une production aboutie d'images, avec des conditions simples, et une direction artistique indépendante.
La programmation d'Amorce sera guidée par nos rencontres, nos envies ou les propositions qui pourront arriver, avec un part d'aléas dans les thèmes et les techniques abordés.
21/05/2011 - 18:59:50
SELECTION FESTIVAL DU TOUQUET 2011
Initié par le peintre-sculpteur Alain GODON et organisé avec le concours de la Ville, le Festival du Touquet-Paris-Plage aura lieu pour la troisième année consécutive les samedi 2 et dimanche 3 juillet 2011.
Cette année, outre la peinture, le Festival s’ouvre aussi à la sculpture, à la photographie ainsi qu’aux installations.
Cet événement unique en France a pour vocation de révéler au public et aux professionnels des artistes méconnus en leur offrant l’accès à des lieux d’exposition médiatisés. Près de 400 participants, représentant tous les courants de la création contemporaine, sont attendus à l’occasion de cette troisième édition.
Cet énorme succès, obtenu d’emblée en 2009 et 2010, avec 400 artistes présents s’explique par une procédure d’inscription et de sélection simplifiée à l’extrême, en accord avec la volonté des organisateurs, pour être à la portée du plus grand nombre.

21/05/2011 - 18:51:02
VENTE DE PHOTOGRAPHIES
Une sélection de mes photographies sur le thème de l'urbain en Europe est en vente sur le site mabellephoto
http://www.mabellephoto.com/photographe-aurore-adeline-gc1da1.htm
19/02/2011 - 18:42:41
Quelques extraits du livre Inside/ Outside réalisé à quatre mains (textes de Marine BERCOT).

Des ronds dans l'eau
De l’or. Alors,
Je pleure de rire
Au-dessus d'un lavabo
Tu es un clown...

C’est ce bras que tu enroulais autour de moi ? Ah non... c’était le gauche. Je dormais du côté de la salle de bain, maintenant je m’en souviens.

Je peins nos vies en bleu sous un parapluie jaune.
C’est l’automne. C’est une saison en forme de pomme. Il pleut des pépins. L’air est sucré. Je t'aime comme au printemps.

L’air est humide
Tu as bonne mine
Tes joues roses, tes pomettes hautes
Le regard flou
A quoi penses-tu ?

C’est un rouge qui ressemble à mon amour quand il n’est pas mûr, quand il se cache encore, quand je ris fort pour ne pas te perdre. Vois-tu ce minuscule bonheur au bord de mes lèvres ? Je suis timide. Je glisse. Je prends ton bras. Je me sers de la pluie pour pleurer de joie.

Si Paris était une femme, elle aurait les yeux noisette, les hanches rondes et les cheveux mouillés. Je l’embrasserais et j’essaierais de l’épouser.
02/05/2010 - 18:40:28
VENTE DE TIRAGES D'ART
Représentée par la Galerie" Le temps des artistes", des tirages de la série" London", "Inside/ Outisde" et" una noche en Barcelona" sont disponibles à la vente sur le site:
http://www.letempsdesartistes.fr
Tous les tirages sont signés et numérotés 1/5. Ils sont tous réalisés par le laboratoire DUPIF PHOTO STUDIO sur papier argentique baryté.
Pour tout autre tirage, veuillez prendre contact auprès de l'auteur: dawncontact@gmail.com
25/04/2010 - 15:07:50
